L’arthrose ou ostéoarthrose des Anglo-Saxons (osteoarthristis) est une pathologie très fréquente des articulations.
Les surfaces osseuses articulaires sont recouvertes de cartilage. Ce tissu, qui recouvre l’os dans l’articulation, a des caractéristiques extraordinaires. Son coefficient de friction est 6 à7 x moins important que celui d’une couche de téflon sur une autre couche de téflon ! Le moment où le terme arthrose est employé me parait fréquemment variable. On parle aujourd’hui facilement de « pré arthrose » quand il y a une situation biomécaniques de nature à entraîner, potentiellement, une usure accélérée des surfaces articulaires par  cette contrainte non-optimale. On retrouve ce concept quand l’axe biomécanique des genoux est altéré, avec une position de jambes dites en O ou en X, avec un concept de conflit fémoro-acétabulaire au niveau de la hanche ou avec un concept de défaut d’axe après fracture de la jambe et contraintes modifiées au niveau de la cheville.

Il s’agit là de situations à potentiel délétère qui génère une réflexion d’action « préventive ».
On observe plusieurs modifications au niveau de l’articulation quand celle-ci présente « une arthrose ». Ces altérations sont une diminution de l’espace articulaire par réduction de l’épaisseur du cartilage, pincement.
Grâce à l’examen I.R.M. ou à une scintigraphie osseuse il est possible d’illustrer un excès de contraintes mécaniques qui se manifestent à ce moment-là au niveau de l’os. On observe sur les radiographies standards un pincement et souvent aussi des ostéophystes.

Malheureusement, tous les traumatismes articulaires ont une capacité d’altérer l’équilibre biologique/biomécanique d’une articulation est donc de créer une situation d’augmentation du risque d’arthrose ultérieure, c’est-à-dire d’usure accélérée.

On peut citer les pertes de l’anatomie de la surface articulaire lors de fracture intra articulaire (marche d’escalier, manque de cartilage focal). On peut citer les traumatismes ligamentaires qui génèrent des mouvements non physiologiques. Ceux-ci vont perturber la répartition des contraintes mécaniques normales.
Dans le genou, les séquelles de perte de la surface totale ou partielle d’un ménisque sont bien connues. Les séquelles d’entorses induisent le même risque.
Il n’y a pas, actuellement, de médicament ayant le pouvoir de régénérer le cartilage.
La stratégie, qui est à appliquer en priorité, consiste à conserver des amplitudes articulaires le plus proche de ce qu’on peut appeler la norme. De garder une musculature performante, c’est-à-dire avec suffisamment de puissance et de manière primordiale un concept de guidage fonctionnel souvent appelé proprioception.

Sur le plan chirurgical, il y a de nombreuses stratégies en voie de développement ou d’exploration dont la réelle efficacité à long terme reste encore incertaine.

Les termes “athrose”, « c’est de l’arthrose », “vous avez de l’arthrose ” me paraissent fréquemment des termes permettant aisément de transférer le blâme au patient, de dédouaner le médecin de toute responsabilité de gestion, et d’annoncer une aggravation inéluctable.

Il y a manifestement aujourd’hui une attitude proactive à proposer, cette attitude est basée sur la conservation et le maintien de l’équilibre physiologique de l’articulation par un concept de d’usage et de charges mécaniques optimisées. La pratique de ce concept n’est malheureusement pas aussi aisée qu’on pourrait le souhaiter et de ce fait un coaching faisant appel aux compétences du médecin et du rééducateur est un paramètre capital.

Il ne faut pas confondre les atteintes inflammatoires du cartilage tel qu’elles sont rencontrées dans ce que nous appelons en langue française les arthrites. Cette problématique se retrouve sous les diagnostiques d’arthrite rhumatoïde, arthrite micro cristalline, arthrite infectieuse etc.

Il n’y a aujourd’hui aucune raison d’avoir une attitude passive face aux altérations structurelles des articulations. Bien au contraire une attitude proactive, dynamique est à proposer